2025

 Commémoration du départ du convoi 8

Le 21 juillet 2025, nous nous sommes réunis devant la stèle de la Voie blanche à Angers pour honorer la mémoire des déportés du Convoi n°8. Parti le 20 juillet 1942, ce convoi fut le seul à quitter le territoire français directement depuis la province vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Sur ces rails, 827 hommes, femmes et enfants ont vu leur destin basculer.

Ces images témoignent d’un moment de recueillement nécessaire et solennel. À travers ces clichés, on perçoit l’émotion du dépôt de gerbes en hommage aux victimes, ainsi que la présence unie des autorités et des familles liées par un même refus de l’oubli. Le silence qui règne sur ce site historique nous rappelle l’importance vitale de transmettre cette histoire aux jeunes générations.

2024

Inauguration de la Voie blanche

Inauguré le 21 juillet 2024 sur la place Giffard-Langevin à Angers, le mémorial de La Voie blanche se dresse comme un trait d’union solennel entre le passé tragique de la ville et notre devoir de transmission. Cette œuvre, conçue par l’artiste Emmanuel Saulnier, prend la forme d’un ruban de béton clair s’étirant sur 64 mètres de long, à proximité immédiate des rails de la gare Saint-Laud.

Ce monument a pour vocation première de rendre leur identité aux victimes du Convoi n°8. Sur la surface immaculée du mur sont gravés à jamais les noms, prénoms et âges des 821 hommes, femmes et enfants juifs déportés depuis Angers. Le nom même de l’œuvre porte une double symbolique : il évoque à la fois la clarté nécessaire du souvenir face à la noirceur de l’histoire, et cette « voix blanche », sans timbre, qui traduit la sidération et l’émotion contenue devant l’indicible.

Le choix de cet emplacement n’est pas fortuit, car il rappelle le destin singulier et effroyable du convoi parti le 20 juillet 1942. Contrairement à la majorité des déportations qui transitaient par le camp de Drancy, le Convoi 8 est l’un des rares à avoir quitté directement la province, depuis le Quai du Maroc à Angers, pour rejoindre le centre d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Sur les 821 personnes entassées dans ces wagons ce jour-là, seules une trentaine ont survécu à l’horreur des camps et ont pu témoigner en 1945.

Aujourd’hui, La Voie Blanche n’est pas seulement un monument de pierre ; c’est un espace de recueillement indispensable qui permet aux noms des disparus de ne plus jamais s’effacer de la mémoire collective angevine

La presse en parle

Articles et vidéos de la cérémonie

La future Voie blanche dans la presse

2023

16 juillet
Commémoration du départ du convoi 8

Le 16 juillet 2023, nous nous sommes recueillis pour marquer le 81ème anniversaire du départ du Convoi 8.

La matinée a débuté par une cérémonie solennelle au Grand Séminaire, en présence des officiels, avant de se poursuivre sur le « quai du Maroc ». C’est là, à cet endroit précis d’où s’ébranla le convoi vers Auschwitz, que s’est tenue la lecture des noms.

Le sifflement des trains qui passaient juste derrière nous a rendu cet hommage particulièrement poignant.

2022

17 juillet 2022 / Cérémonie commémorative des victimes de crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux Justes de France

Commémoration du Convoi n°8

De la page noire à la Voie blanche

Parallèlement à la rafle du Vél d’Hiv, l’ouest de la France fut le théâtre de persécutions massives, notamment à Angers, rouage essentiel de l’appareil d’occupation nazi. Entre le 15 et le 20 juillet 1942, 872 Juifs, étrangers et français, furent arrêtés en Maine-et-Loire et dans les départements voisins. Rassemblés au Grand Séminaire d’Angers, ils furent ensuite transférés vers la gare pour être déportés par le Convoi n°8, vers le camp d’extermination d’Auschwitz.

Pour le 80ème anniversaire de ce départ, la ville d’Angers et l’association Familles et Amis du Convoi n°8 ont organisé, le dimanche 17 juillet 2022, une cérémonie d’une grande solennité. Le Préfet du Maine-et-Loire, le maire d’Angers, des parlementaires, des élus, des militaires et des représentants de tous les cultes se sont joints à une quarantaine de descendants venus de métropole, de Martinique et d’Israël pour suivre les trois étapes de ce parcours mémoriel.

La commémoration a débuté au Grand Séminaire Saint-Jean, rue Barra. Une plaque rappelle que des familles furent parquées ici pendant cinq jours, sous la surveillance de gendarmes français, avant leur départ vers la mort. Après les dépôts de gerbes, les allocutions et le Kaddish, l’assemblée a écouté le témoignage poignant de Madame Odette Bergoffen. À 98 ans, cette Juste parmi les Nations, qui sauva trois vies juives près d’Angers, a rappelé par son récit que des actes de courage ont pu s’opposer à la déshumanisation.

La cérémonie s’est ensuite déplacée vers le quai dit « du Maroc », à deux kilomètres de la gare. C’est là que, le 20 juillet 1942 au soir, à l’abri des regards et sous une chaleur étouffante, s’ébranla le Convoi n°8. Durant trois jours, dans des wagons à bestiaux, 872 êtres humains endurèrent des conditions inhumaines, sans eau ni nourriture.

Sur ce quai, où les portes se sont fermées pour ne s’ouvrir que sur l’horreur du camp, notre regard se perd le long des rails, et nos pensées cheminent loin, très loin, jusqu’au terminus de cet enfer roulant. Après le dévoilement d’une plaque commémorative, la lecture des noms s’égrena dans un silence recueilli. Pour certains descendants, la gorge nouée par l’émotion rendait l’énumération difficile. Par instants, le grondement d’un train, écho déchirant du passé, brisait les sanglots de nos voix, en un contraste saisissant entre le présent et l’Histoire.

Enfin, la troisième étape nous a conduits derrière la gare, sur la place où un totem présente le futur « Mur des Noms » du Convoi n°8, un mémorial qui s’intitulera Voie blanche. L’œuvre joue sur l’homonymie avec la « voix blanche», celle de l’émotion pure. Selon l’artiste, Emmanuel Saulnier, elle exprime «une présence permanente et sensible que l’on va côtoyer toujours. Elle trouve ainsi l’absolu contraire au chemin mortifère du nazisme assassin, celui de la disparition et de la négation »

Laurence Aisène

17 juillet 2022
Discours de Régine Podorowski, Présidente de l'Association

Voir le discours de Régine Podorowski, Présidente de l’Association FADC8R