Père : Chaïm Moszkowicz
Mère : Chaja-Dvora Moszkowicz
Née à Turek (Pologne) le 4 juillet 1919, Fanny (Vogel) arrive en France, à Metz, en 1928, quand ses parents décident de fuir l’antisémitisme. Elle est la troisième d’une grande famille de onze enfants qui, en 1939 est prospère et bien intégrée.
Alors que son père et son frère Maurice, étrangers indésirables, sont internés pendant presqu’un an au camp du Vernet (novembre 1939 – septembre 1940), sous prétexte de sympathies communistes, la famille se réfugie à Bordeaux fin février 1940. Albert, son frère aîné, s’engage dans la Légion Étrangère. Il sera démobilisé en septembre.
Expulsée de la Gironde le 1er décembre 1940, Fanny est internée au camp de La Lande, près de Tours, avec ses sœurs Berthe, Genny et son frère Max. Le reste de la famille s’installe dans le village environnant de Villeperdue, à l’actuel 6 rue de la Mairie.
Au camp, Fanny rencontre Jacques Léon. Ils se fiancent en avril 1942, mais le mariage, prévu le 15 juillet, n’aura jamais lieu. Jacques est déporté le 17 juillet.
Trois jours plus tard, le convoi n°8 du 20 juillet emporte Fanny, Berthe, Genny, Max et leur jeune sœur Marthe qui vient juste d’avoir 16 ans. Tous périront à Auschwitz.
Le reste de la famille qui s’était installé dans un village proche du camp de La Lande, décide alors de fuir en zone non occupée. Albert dirige le groupe, mais il est capturé sur la Ligne de démarcation, tandis que ses parents et ses quatre sœurs cadettes, Irène1, Paulette, Louise et Régine parviendront à passer le lendemain et à retrouver Maurice, déjà réfugié en Dordogne.
Après la guerre, tous les sept retourneront vivre à Metz.
Albert sera déporté le 18 septembre 1942 par le convoi n°34. A son arrivée à Auschwitz il apprend la mort de ses frère et sœurs déportés deux mois auparavant. Affecté à l’atelier de couture, il porte le matricule 69769. Son métier lui permet un sursis, mais, devenu le témoin gênant d’une scène de massacres, il est fusillé sans doute au printemps 19432.
Au total, six des onze enfants de la famille Moszkowicz ont péri à Auschwitz
1Irène DURST, auteur de La Famille Moszkowicz (éditions RTL, 1984)
2 D’après l’autobiographie de Sylvain Kaufman, le Livre de la Mémoire, Au-delà de l’enfer (JC Lattès, 1992).
Laurence Aisene, petite-fille Moszkowicz